La pression sur vos honoraires naît surtout quand le vendeur compare plusieurs agences sur l’estimation la plus haute et le taux le plus bas. Barème affiché, net vendeur, réponses prêtes à dire et exclusivité : la méthode pour défendre ses honoraires en 2026.
Défendre ses honoraires en 2026 se joue surtout avant la négociation, au moment où le vendeur met plusieurs agences en concurrence sur deux chiffres : l’estimation la plus haute et le taux le plus bas. L’agence reçue en premier peut imposer d’autres critères, comme les ventes du quartier, un plan de commercialisation écrit et le montant net qui reviendra au vendeur. Le barème affiché est un maximum TTC ; selon la DGCCRF, la rédaction de l’arrêté du 10 janvier 2017 modifié (« prix maximums pratiqués ») permet de moduler ses tarifs à la baisse lors de la négociation. Mieux vaut écrire toute remise dans un avenant au mandat et l’échanger contre une contrepartie, idéalement l’exclusivité.
Pourquoi la pression sur vos honoraires naît au moment où le vendeur compare
Prenons un T3 en succession, autour de 280 000 €. Les trois héritiers ont chacun appelé « leur » agence, et les rendez-vous s’enchaînent dans la semaine. Au troisième, la famille ne retient plus que deux chiffres : qui annonce le prix le plus haut, qui prend le moins. Votre commission devient ce qu’on rabote en premier.
Je n’ai pas d’étude pour le prouver, c’est une conviction de terrain. L’agence reçue en premier pose les critères. Si elle a montré les ventes du quartier et laissé un plan sur la table, les suivantes sont jugées sur cette grille. Sinon, il ne reste que le taux, et chaque agence suivante subit une enchère inversée. C’est là que se décide la capacité d’une agence à défendre ses honoraires.
Le contexte n’aide pas. Une étude leboncoin immo relayée par le Journal de l’Agence le 23 décembre 2025 avance que 51 % des particuliers pensent que mettre plusieurs agences en concurrence augmente leurs chances de vendre (échantillon non précisé). Ajoutez un taux moyen de crédit de 3,40 % en septembre 2026, après 3,31 % en août (Observatoire Crédit Logement/CSA), et la tentation de lâcher un point pour signer se comprend.
Si le vendeur arrive avec un taux de commission en tête, demandez-lui d’où il vient. Je ne connais aucune moyenne fiable publiée pour les agences. Pour les mandataires, la profession avance 3,6 %, soit 8 100 € (baromètre 2025 de la Maison des Mandataires, repris par Immo Matin le 6 mai 2026).
Aux États-Unis, depuis le 17 août 2024, avec les règles issues de l’accord de la National Association of Realtors, l’agent membre d’un MLS (fichier d’annonces partagé) qui accompagne un acquéreur signe avec lui, avant la première visite, un accord écrit qui fixe sa rémunération et indique que les commissions sont « fully negotiable and not set by law » (entièrement négociables et non fixées par la loi). La discussion sur la valeur a donc lieu avant même de pousser une porte. C’est justement l’idée à reprendre. La marge se défend dès le premier rendez-vous.
Défendre ses honoraires dans les règles
Depuis le 1er avril 2022, l’article 2 de l’arrêté du 10 janvier 2017 modifié impose d’afficher des « prix maximums pratiqués », toutes taxes comprises, en vitrine comme sur votre site, en indiquant « à qui incombe le paiement ». Le mot compte, car avant 2022 le texte parlait de « prix effectivement pratiqués ». Selon la fiche de la DGCCRF mise à jour le 29 octobre 2025, que cite MySweetImmo le 21 août 2026, cette rédaction permet de moduler ses tarifs à la baisse lors de la négociation. En vente, les honoraires sont libres : votre barème est un plafond que vous fixez vous-même. Selon la DGCCRF, citée par MySweetImmo, 65,1 % des 1 739 professionnels de l’immobilier contrôlés en 2023 présentaient au moins une anomalie, et l’article L131-5 du Code de la consommation prévoit, pour un manquement à l’information sur les prix, une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
Côté mandat, l’article 6 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, exige un écrit précisant « les conditions de détermination de la rémunération, ainsi que l’indication de la partie qui en aura la charge ». Aucune somme n’est due avant que l’opération ait été « effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit contenant l’engagement des parties ».
Sur le terrain, les remises systématiques ruinent votre barème. Si vous affichez 6 % et signez tous vos mandats à 4 %, le vendeur a compris que le vrai prix se discute.
| Ce que dit le texte | Ce que vous pouvez en dire au vendeur |
|---|---|
| Le barème affiche des prix maximums TTC et la partie qui paie (arrêté du 10 janvier 2017, art. 2) | « Mon barème est affiché, en vitrine et sur le site, en prix maximums toutes taxes comprises, avec la partie qui paie. » |
| Aucun honoraire n’est dû avant que l’opération soit effectivement conclue et constatée par écrit (loi Hoguet, art. 6) | « Mes honoraires ne sont dus qu’une fois la vente effectivement conclue et constatée par écrit. » |
| Passé 3 mois, le mandat exclusif peut être dénoncé à tout moment, avec un préavis d’au moins 15 jours par recommandé (décret 72-678, art. 78) | « Vous n’êtes pas coincé. Au bout de 3 mois, chacun de nous peut y mettre fin à tout moment, avec un préavis d’au moins 15 jours par lettre recommandée. » |
Ce qu’il faut avoir sur la table avant le R2
Une commission se défend mal quand elle est le seul chiffre précis du dossier. Dès le R1, et au plus tard au R2, ayez en main ces neuf éléments.
- Les ventes comparables du secteur (DVF pour les actes publiés, vos compromis pour les derniers mois).
- Une estimation argumentée, présentée en fourchette.
- Un plan de commercialisation écrit (actions, calendrier, supports, comptes rendus).
- Une simulation en net vendeur.
- Votre barème à jour, TTC, avec la partie qui paie.
- La grille de contreparties décidée à l’avance par le dirigeant.
- Un avenant type de remise.
- Un formulaire de consentement au démarchage téléphonique, rédigé avec votre conseil selon le décret n° 2026-662.
- Les questions que le vendeur peut poser aux autres agences.
Ramenez ensuite la discussion au net vendeur, le prix obtenu moins les honoraires à sa charge (avant impôt et frais annexes). Comparer deux taux sans les prix de vente, c’est comparer des pourcentages de prix qui n’existent pas encore. Prenons deux agences sur la même maison (chiffres fictifs).
| Scénario fictif | Agence A | Agence B |
|---|---|---|
| Estimation présentée | 320 000 € | 300 000 €, sur comparables |
| Honoraires (charge vendeur) | 4 % TTC, mandat simple | 5 % TTC, mandat exclusif |
| Prix de vente final | 290 000 €, après baisses | 296 000 € |
| Honoraires payés | 11 600 € | 14 800 € |
| Net vendeur | 278 400 € | 281 200 € |
Dans ce scénario, le vendeur garde 2 800 € de plus avec l’agence qui prend un point de plus. L’inverse reste possible si l’agence A vend vraiment à 320 000 €. Et un point de commission sur 300 000 € vaut 3 000 €, quand deux points lâchés à l’acquéreur en coûtent 6 000 €.
Comment justifier ses honoraires sans réciter ses tâches
On apprend aux négociateurs à dérouler la liste des prestations, des photos au suivi jusqu’à l’acte. Le vendeur l’a déjà entendue chez le confrère. Ce qui pèse davantage, c’est de voir à quel prix vous vendrez et ce qui lui restera, sur une estimation construite à partir des ventes réelles qu’il garde après votre départ.
« L’autre agence prend moins » : les réponses qui tiennent
La phrase tombe en fin de rendez-vous, ou par SMS le lendemain. Voici sept réponses à piocher selon la situation. Aucune ne se récite d’un bloc.
- « Vous avez raison de regarder ailleurs. Posons les deux propositions côte à côte. Combien il vous restera chez le notaire, et dans combien de temps ? » Celle-ci sert presque à chaque fois, parce qu’elle sort la discussion du taux.
- « Elle s’appuie sur quelles ventes du quartier, l’autre agence, pour annoncer ce prix ? Voici les miennes. » Utile quand les estimations divergent, sans critiquer personne.
- « Mon barème est affiché. C’est un maximum, et je ne le baisse pas pour emporter un rendez-vous. Ce qui peut faire bouger mon taux, c’est ce que vous me confiez. » Face au rabais sec, elle ouvre la porte à une contrepartie.
- « L’autre agence et moi, nos honoraires ne sont dus qu’une fois la vente effectivement conclue et constatée par écrit. La vraie question, c’est laquelle de nous deux vous fera vendre, à quel prix et en combien de temps. » Si votre mandat comporte une clause pénale, présentez-la aussi au vendeur.
- « Si je baisse ma rémunération dès ce soir, que croyez-vous que je ferai face à un acquéreur qui vous demandera 15 000 € de moins ? » À réserver aux vendeurs avec qui le courant passe.
- « En exclusivité, je m’engage par écrit sur chaque action et sur un compte rendu tous les 15 jours. » Adaptez la fréquence à ce que vous tenez vraiment.
- « Je peux faire un effort sur mes honoraires, mais pas pour rien. Confiez-moi l’exclusivité 3 mois, à un prix cohérent avec ce qui s’est vendu dans la rue. » Gardez-la pour la fin, et seulement si votre grille le prévoit.
Donnez aussi au vendeur quatre questions à poser aux autres agences : « Votre prix repose sur quelles ventes ? », « Vous faites quoi pendant le premier mois ? », « Je reçois un compte rendu tous les combien ? », « Il me reste combien, une fois vos honoraires payés ? ». Vos critères entrent ainsi dans la comparaison.
À proscrire : dénigrer le confrère ou les mandataires, promettre un prix ou un délai. Pour le déroulé du rendez-vous, méthode Ackerman comprise, nos 5 techniques de négociation pour signer un mandat exclusif complètent ces réponses.
Remise sur honoraires : qui décide, et contre quoi
La scène est connue. La remise se décide dans le salon du vendeur, à 20 h, par un négociateur seul face à un couple qui a deux autres estimations sur la table basse. Pour défendre ses honoraires sans improviser, il faut une politique d’agence écrite. Qui décide (vous, pas le négociateur en R2), jusqu’où, contre quoi, par quel avenant ? La grille ci-dessous est celle que je proposerais.
| Remise envisageable | Contrepartie demandée | À éviter |
|---|---|---|
| Jusqu’à 0,5 point (exemple) | Exclusivité de 3 mois | Le même geste en mandat simple |
| Jusqu’à 0,5 point (exemple) | Prix de présentation aligné sur les ventes signées du secteur | Compenser une estimation surévaluée |
| Au-delà, au cas par cas, sur décision du dirigeant | Double mandat vente et achat, ou plusieurs biens confiés | La même remise pour un seul bien |
Et jamais de remise orale : tout passe par un avenant.
Céder me paraît rationnel sur un bien très demandé qui se vendra vite, pour un investisseur récurrent ou pour un client qui confie plusieurs biens. Pas pour s’aligner sur l’estimation gonflée d’un concurrent, ni « pour ne pas perdre le mandat » sans rien obtenir. Si vous lâchez une baisse sans contrepartie pour boucler le mois, le vendeur risque d’en parler à ses voisins, et le prochain rendez-vous dans la rue commencera à ce taux-là. Avec des agents commerciaux, vérifiez aussi leurs contrats, car la remise touche leur rémunération.
Suivez enfin chaque mois le taux réellement encaissé rapporté au barème, la part d’exclusifs et le nombre de rendez-vous en concurrence.
Le mandat exclusif protège vos honoraires, à condition de rester réversible
Une fois l’exclusivité signée, l’enchère sur votre commission s’arrête, au moins pendant les 3 premiers mois. L’étude leboncoin immo déjà citée, menée auprès de 419 professionnels, avance 91 jours de délai de vente en exclusif contre 142 en mandat simple, sans dire comment ils sont calculés, et 86 % des professionnels interrogés jugent que l’exclusivité valorise mieux le bien. Un ordre de grandeur, pas une statistique nationale.
L’article 6 de la loi Hoguet vous donne un argument tout prêt. En exclusivité, la convention « précise les actions que le mandataire s’engage à réaliser », ainsi que la façon dont il en rend compte. Dites-le au vendeur : « Tout ce que je vous promets, je l’écris dans le mandat. »
Reste l’objection « je ne veux pas m’enfermer ». L’article 78 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 y répond. Passé 3 mois, le mandat qui contient la clause d’exclusivité « peut être dénoncé à tout moment par chacune des parties », avec un préavis d’au moins 15 jours par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Dites-le avant qu’on vous le demande. Pour amener l’exclusivité sans forcer la main, la méthode pour la signer dès le deuxième rendez-vous est détaillée dans un article dédié.
Être reçu en premier, sans décrocher son téléphone
Reste à être l’agence qu’on consulte en premier. Réagir le plus vite à une annonce ne suffit pas, puisqu’à ce stade le vendeur compare déjà. Il faut être connu de lui avant sa décision, comme l’ancien client tenu informé, le voisin qui reçoit votre courrier de quartier ou la famille en succession qui a gardé votre avis de valeur.
Depuis le 11 août 2026, l’article L223-1 du Code de la consommation interdit de démarcher par téléphone un consommateur sans son consentement préalable, et un contrat conclu à la suite d’un démarchage téléphonique illégal « est nul ».
L’article sur le plan de prospection depuis le 11 août détaille les alternatives. Selon la CNIL, le courrier adressé relève d’un droit d’opposition. Restent aussi le terrain, votre sphère d’influence, la réactivation de votre base de contacts (pour l’email et le SMS vers un particulier, l’article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques pose le principe du consentement préalable) et le repérage des vendeurs en Moments de Vie, dont le projet peut se dessiner avant qu’ils n’appellent la moindre agence.
Pour recueillir le consentement d’un vendeur au démarchage téléphonique, l’article R223-1 (décret n° 2026-662) fixe les cinq mentions que doit comporter la demande, et l’article R223-2 impose d’en conserver la preuve trois ans.
Arriver avant la mise en concurrence
Ce que fait Maline
Maline vous transmet les propriétaires de votre secteur qui ont un projet de vente, avant la mise en vente.
Ce que Maline ne fait pas
Un projet de vente n’est pas encore un mandat : à vous de convaincre le propriétaire de vous confier son bien. Le choix du canal de contact et sa conformité restent de votre responsabilité.
Une seule agence par secteur
Maline ne travaille qu’avec une agence par zone : aucune autre agence Maline ne reçoit les mêmes propriétaires. Vous n’empêcherez pas le vendeur de voir d’autres agences, mais vous pouvez être le premier à le rencontrer. Plus de 1 500 agents et agences immobilières en France utilisent Maline.
Qui a un projet de vente sur votre secteur ?
Une démo gratuite de 30 minutes, sans engagement : on regarde ensemble ce qu’il y a sur votre zone. Comme le territoire est exclusif, la démo vous dit aussi s’il est encore disponible.
Questions fréquentes
Comment justifier ses honoraires d’agence immobilière face à un vendeur ?
Avec des chiffres sur le résultat. Le vendeur veut savoir à quel prix et en combien de temps il vendra, et ce qui lui restera une fois vos honoraires payés, c’est-à-dire le net vendeur. Apportez les ventes comparables du secteur (DVF et vos derniers compromis), une estimation en fourchette, un plan de commercialisation écrit et une simulation en net. Rappelez que, selon l’article 6 de la loi Hoguet, aucun honoraire n’est dû avant que l’opération soit effectivement conclue et constatée par écrit. Justifier ses honoraires est plus facile au premier rendez-vous, avant que le vendeur ne compare plusieurs agences sur le seul taux.
Une agence immobilière peut-elle faire une remise sur ses honoraires ?
Depuis avril 2022, l’arrêté du 10 janvier 2017 modifié impose d’afficher les prix maximums pratiqués, toutes taxes comprises, en indiquant qui paie. Selon la DGCCRF (fiche mise à jour le 29 octobre 2025), cette rédaction permet de moduler ses tarifs à la baisse lors de la négociation. Côté gestion, mieux vaut qu’une remise soit décidée par le dirigeant, écrite, et accordée contre une contrepartie, comme l’exclusivité.
Quel est le taux de commission moyen d’un agent immobilier en France ?
En octobre 2026, je ne connais aucune moyenne fiable publiée pour les agences. Pour les mandataires, un chiffre existe : une commission moyenne de 3,6 %, soit 8 100 €, selon le baromètre 2025 de la Maison des Mandataires repris par Immo Matin le 6 mai 2026, un chiffre publié par la profession elle-même. En vente, les honoraires sont libres. Chaque agence fixe son barème, affiché toutes taxes comprises, qui constitue un maximum. Pour un vendeur, le bon réflexe est de comparer le net que chaque proposition lui laisse plutôt que le taux affiché.
Que répondre à un vendeur qui dit qu’une autre agence prend moins cher ?
Validez sa démarche, puis déplacez la comparaison : « Vous avez raison de regarder ailleurs. Posons les deux propositions côte à côte. Combien il vous restera chez le notaire, et dans combien de temps ? » Demandez sur quelles ventes du quartier repose le prix de l’autre agence et montrez les vôtres. Rappelez que vos honoraires figurent dans votre barème affiché et ne sont dus qu’une fois l’opération effectivement conclue et constatée par écrit. Si vous faites un geste, liez-le à une contrepartie, par exemple une exclusivité de 3 mois et un prix de présentation réaliste. Évitez de dénigrer le confrère comme de promettre un prix.
Qu’est-ce qui distingue un mandat exclusif d’un mandat simple ?
En mandat simple, le vendeur peut confier la vente de son bien à plusieurs agences. Selon l’article 6 de la loi Hoguet, un mandat exclusif précise les actions que l’agence s’engage à réaliser et la façon dont elle en rend compte au mandant. L’article 78 du décret du 20 juillet 1972 prévoit que, passé trois mois, le mandat qui contient une clause d’exclusivité « peut être dénoncé à tout moment par chacune des parties », avec un préavis d’au moins 15 jours par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.



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